
Le mardi 26 août au soir, sur France 2, Bernard Kouchner, dont le soutien au gouvernement géorgien installé par les Américains et les Israéliens n’est pas un mystère, a accusé l’armée russe de préparer, pour la nuit qui arrivait, un « nettoyage ethnique » de l’Ossétie du Sud, concept intéressant quand on sait que tous les Géorgiens ont quitté l’Ossétie dès le début des hostilités. Bien évidemment, ce génocide n’a finalement jamais eu lieu, ce sur quoi aucun grand média n’a cru bon de revenir. Mais ces accusations de génocide, de nettoyage ethnique ne vous rappellent-elles rien ?
Les moins djeuns d’entre nous se souviennent sûrement du devoir d’ingérence prônés par nos bons amis Kouchner et Bernard-Henri Lévy ? Et de cette célèbre publicité, diffusée massivement dans la presse et projetée sur les murs de Paris à grands renforts de deniers publics, qui montrait des bosniaques derrières des barbelés, avec en fond un mirador qui nous rappelle les z-heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire ? Et des déclarations médiatiques de Kouchner accusant les Serbes d’ «exécutions de masse » ?
Ben c’était bidon.
Retour sur une des plus grosses arnaques médiatiques des années 90.
La photographie était en réalité un photomontage : la photographie de base, celle des prisonniers bosniaques était issue d’un reportage d’ITN où ceux-ci déclaraient être correctement traités. Puis ont été rajoutés les barbelés et, idée de Kouchner, un mirador d’Auschwitz.
Cette propagande mensongère avait été organisée par l’agence de relations publiques américaine Ruder Finn. Celle-ci reconnaissait d’ailleurs la supercherie dès 1993 dans une interview avec un journaliste de France 2 : « Nous avons circonvenu trois grandes organisations juives : B’nai B’rith, American Jewish Committee et American Jewish Congress. Aussitôt, nous avons pu dans l’opinion publique faire coïncider Serbes et nazis. Le dossier était complexe, personne ne comprenait ce qu’il se passait en Yougoslavie, mais d’un seul coup, nous pouvions présenter une affaire simple avec des gentils et des méchants. » Et quand le journaliste fait remarquer qu’il s’agissait tout de même de mensonges : « Nous sommes des professionnels. Nous ne sommes pas payés pour faire la morale. » Effectivement.
Thomas Deichmann, journaliste allemand, prouve dès 1994 que la photo est une supercherie. Total silence médiatique.
Kouchner, lui, ne reconnaît les faits qu’en 2004 dans son livre « les guerriers de la paix » où il retranscrit une entrevue avec Izetbegovic :
Kouchner : « C’étaient d’horribles lieux, mais on n’y exterminait pas systématiquement. Le saviez-vous ?
- Oui. L’affirmation était fausse. Il n’y avait pas de camp d’extermination quelle que fût l’horreur des lieux. Je pensais que mes révélations pourraient précipiter les bombardements. »
Pour une discussion plus honnête, remplacez « systématiquement » par « du tout » et « révélations » par « mensonges ». Et en effet cette propagande finement orchestrée fit basculer l’opinion publique vers le soutien aux bombardements de civils serbes.
Mais pourquoi ? Pourquoi cette propagande mensongère ? Par humanisme ? Quel blague !
Depuis 1979, la CIA soutenait les dissidences pour faire éclater la Yougoslavie. En 1991, l’Allemagne fournissait des armes aux nationalistes croates et aux milices musulmanes COMME PAR HASARD, juste avant la guerre. De 1992 à 1995, les USA ont cherché à prolonger le conflit, comme le confirma lord Owen, envoyé spécial européen en Bosnie.
Alors pourquoi ? Éliminer une grande puissance européenne non alignée sur Washington, prendre le contrôle des Balkans (la plus grande base américaine d’Europe est en Albanie), position stratégique sur la route du pétrole.
Mais il ne s’agissait pas de la seule propagande mensongère concernant l’ex-Yougoslavie : Quand l’Otan commença ses bombardements sur la Serbie, elle prétendait réagir au « massacre de 40 civils » par l’armée serbe à Racak, au Kosovo.
L’ONU a alors demandé un rapport à une commission de légistes dirigée par un médecin finlandais, le docteur Ranta. Ce rapport a confirmé la thèse de Belgrade, à savoir qu’il s’agissait d’un affrontement entre deux armées, provoqué par les séparatistes albanais.
Il ne s’agit pas de nier qu’il y eut des exactions, d’un côté comme de l’autre. Pour autant, il n’a jamais existé de camps d’exterminations comme l’affirmait Kouchner, seulement des camps de regroupements en vue d’échanges de prisonniers. Il y avait d’ailleurs 6 camps croates, 1 camp musulman et seulement 2 camps serbes.
Mais rassurez-vous : si de grands hommes comme messieurs Kouchner et Bernard-Henri Lévy soutiennent le gouvernement géorgien, c’est qu’il s’agit du camp des croisés de la Liberté, du Bien triomphant sur le Mal (notez les majuscules). Forcément.
Mikael Romanov pour le RED Paris.